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lundi 7 avril 2014

"Trop d'information paralyse l'action"

Migros Magazine
31 mars 2014

Dans une interview accordée au magazine suisse Migros Magazine, l'infobésité, ce nouveau mal du siècle entre surcharge d'infos et connexion permanente, est décryptée par Caroline Sauvajol-Rialland, maître de conférences à l'Université Catholique de Louvain et à Sciences Po Paris, chercheuse au LASCO (UCL) et directrice de So Comment.
propos recueillis par Pierre Léderrey

Peut-être d'abord une définition de l'infobésité ?

Ce terme fait une analogie entre l'information et l'obésité. Sa première apparition date de 1970 et a été imaginée par Alvin Toffler. Puis le terme a été repris et popularisé en 1996 par un essayiste américain, David Shenk. Qui voulait exprimer que la surcharge informationnelle dont nous sommes victimes aurait des effets aussi nocifs que l'obésité.

Avec la différence importante qu'elle est difficilement identifiable et quantifiable...

Bien sûr, car l'obésité est une maladie objective avec un seuil défini par l'indice de la masse corporelle. Pour l'infobésité, c'est subjectif: certaines personnes se sentent en surcharge à partir de quarante mails par jour quand d'autres peuvent en supporter jusqu'à cent. Mais de manière générale, les effets de ce bombardement d'informations portent sur les processus cognitifs, intellectuels, avec des risques psycho-sociaux pour les individus et d'autres risques tout aussi importants pour les entreprises.

Quelle est l'ampleur du mal ?

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lundi 9 décembre 2013

Quand le cerveau sature

L'Ecole des parents
Octobre-Novembre 2013

Internet, Smartphones, réseaux sociaux... il est aujourd'hui possible de véhiculer presque instantanément une quantité considérable d'informations. Envahissantes, elles finissent par nous empêcher de penser et d'agir. A moins d'apprendre à garder le contrôle.
par Anne Le Pennec

Huit textes pendant le trajet de retour du collège, une grosse demi-heure sur Facebook pour mettre à jour son mur consulter celui de ses amis, poster une vidéo et organiser la sortie cinéma du lendemain, 14 pages Internet consultées pour boucler son exposé de sciences... Fin d'après-midi ordinaire pour un adolescent d'aujourd'hui. Arrive l'heure du dîner. Les parents évoquent à leur tour les mails qui s'empilent, les appels téléphoniques qui les interrompent dans leur travail, la rédaction d'un rapport qui prend du retard, l'impression de trop plein et d'urgence permanente. Sur la table du salon, journaux et magazines à peine feuilletés se sont entassés toute la semaine.


Des masses d'informations nous parviennent tous les jours. Dans la rue, dans les journaux, à la télévision ou à la radio, dans les boîtes aux lettres, réelles ou électroniques, au bout du fil, sur Internet et sur les réseaux sociaux : l'information est omniprésente, sous différentes formes. Cette profusion n'est pas nouvelle, mais, en démultipliant les possibilités et la vitesse de diffusion, les technologies de l'information et de la communication ont accru le volume de données en circulation, disponibles en tous lieux et à toute heure. Le philosophe Michel Serres y voit une nouvelle réalité, que les jeunes générations s'approprieraient beaucoup mieux que leurs aînés. "Ces enfants habitent le virtuel, écrit-il. Les sciences cognitives montrent que l'usage de la Toile, la lecture ou l'écriture au pouce des messages, la consultation de Wikipedia ou de Facebook n'excitent pas les mêmes neurones ni les mêmes zones corticales que l'usage du livre, de l'ardoise ou du cahier. Ils peuvent manipuler plusieurs informations à la fois. Ils ne connaissent, ni n'intègrent, ni ne synthétisent comme nous, leurs ascendants. Ils n'ont plus la même tête". (Extrait de Petite Poucette, éd. Le Pommier, 2012)

lundi 30 septembre 2013

Le système tue tout le monde

Mieux Prévenir
18 septembre 2013

Lire le livre "Infobésité" par Caroline Sauvajol-Rialland, publié en 2013, sur la surcharge informationnelle :

"Un cadre reçoit aujourd'hui un volume d'informations 10 fois supérieur à ce qu'il recevait il y a 15 ans et produit environ 10 % de données de plus chaque année. Et l'humanité n'est pas en reste en affichant une production d'informations plus importante au cours des 30 derniè- res années qu'en 5 000 ans d'histoire."

L'ouvrage "s'interroge sur notre relation à l'information dans un contexte de généralisation du sentiment d'urgence... L'information serait-elle désormais davantage source de risques et de contraintes que de création de valeur pour les personnes comme pour les organisations ? Sommes-nous les victimes consentantes des nouvelles technologies ?" Selon une étude de l'Institut national de recherche et de sécurité (INRS) publiée en 2007, appliqué à la France, pour une population active à l'époque de 27,8 millions de personnes, "le coût social a minima du "job strain" est compris entre 1,9 et 3 milliards d’euros, incluant le coût des soins et la perte de richesse pour cause d'absentéisme, de cessation prématurée d'activité et de décès prématuré."