Affichage des articles dont le libellé est Déconnexion volontaire. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Déconnexion volontaire. Afficher tous les articles

mardi 4 septembre 2018

Les messages d'absence du bureau sont-ils encore utiles ?

15 août 2018 - Tout un monde
RTS

La reprise du travail s'accompagne souvent d'une corvée plus ou moins grande : celle de consulter vos mails non lus. Est-ce que nos messages d'absence du bureau sont toujours nécessaires quand on sait que l'on consulte nos smartphones environ 150 fois par jour ?




© RTS / Image : Production Perig - Fotolia

mardi 6 juin 2017

Une solution simple pour l'entreprise, des conséquences positives pour les cadres

par Caroline Sauvajol-Rialland

Conciliation entre vie privée et vie professionnelle, déconnexion et gestion de la messagerie électronique : retour sur l’expérience conduite aux Etats-Unis par un cabinet international de conseil.

En 2010, un cabinet de conseil en management et stratégie d’entreprise présent sur tout le territoire américain et à l’international, le Boston Consulting Group, lançait une expérience. Chaque membre d’une équipe de 6 consultants basée aux Etats-Unis devait être "électroniquement" injoignable à compter de 18 heures. L’expérience prévoyait que les messages soient alors lus par un collègue et qu’en situation d’urgence le contact pouvait être rétabli par téléphone.

4 ans après le lancement de cette expérience, 86 % des consultants du nord-est des Etats-Unis avaient adopté cette alternative mais 50 % des personnes ayant opté pour une déconnexion hebdomadaire ont hâte de venir travailler le matin contre seulement 27 % de ceux qui restent connectés. Par ailleurs, plus de 50 % des participants s’avouent satisfaits du  nouvel équilibre unissant leur vie privée et leur vie professionnelle contre 38 % pour les autres. Mieux, 65 % des déconnectés estiment que leur équipe fait son maximum pour une efficacité meilleure, un sentiment qui n’est partagé que par 42 % de leurs collègues connectés. Enfin, ils sont 58 % à se projeter à long terme au sein de leur entreprise, ce qui n’est pas le cas de 40% des consultants qui n’ont pas suivi l’expérience.

Cette expérience nous permet de faire 4 observations intéressantes :

1 - A l’évidence, concilier de la meilleure façon la vie privée et la vie professionnelle des uns se fait au bénéfice de tous, des consultants tout autant que de l’entreprise. Les cadres sont non seulement plus heureux dans leur vie personnelle mais aussi davantage productifs au travail ! En outre, ils apparaissent plus motivés et engagés à long terme.

2 - Même dans le cas d’une entreprise de grande taille exerçant une activité à l’international et majoritairement composée de cadres - autant de facteurs de risques de surcharge cognitive et communicationnelle -, il est désormais possible de trouver des solutions pour restreindre l’effacement des frontières vie privée / vie professionnelle, rendu souvent inévitable par les technologies, et son corollaire, le fameux "Always on, Anything, Anytime, Anywhere".

3 - Une soirée par semaine ! Cette solution est bien sûr "a minima" car elle implique que les cadres restent connectés les autres soirs. Mais elle garde le mérite d’être simple à mettre en œuvre et donc efficace. Elle s’applique quel que soit le consultant, quel que soit son positionnement hiérarchique, est techniquement facile à déployer - un simple renvoi des messages - et prévoit la possibilité d’une exception en cas d’urgence. Simple is best ?

4 - En lançant cette expérience collective, le Boston Consulting Group a implicitement reconnu que de fait ses consultants travaillaient jour et nuit. Cela a mis un terme à la grande hypocrisie qui proclamait que l’hyperconnexion n’était somme toute qu’une question de personnes et non d’organisation. D’ailleurs, avant que ne débute ce projet, les cadres concernés affirmaient qu’il n’existait "aucun moyen de faire autrement pour eux que de rester connectés jour et nuit et qu’ils ne voyaient pas d’autres solutions que de quitter l’entreprise si cela ne leur convenait pas"... Le tout digital a fait exploser nos principaux, c’est-à-dire les repères spatio-temporels. Il n’y a plus aujourd’hui d’unité de temps ni d’unité de lieu pour le travail. Un an après l’adoption de la loi Travail en France et du nouveau droit à la déconnexion - salué à l’international -, il est maintenant le moment pour les entreprises françaises de prendre le taureau par les cornes ! N’oublions pas que seule une entreprise sur trois a aujourd’hui pris des mesures de régulation...

lundi 14 novembre 2016

Equilibre des temps : Comment construire le droit à la déconnexion ?

8 novembre 2016 - Entreprise & Carrières
par Virginie Leblanc

A partir du 1er janvier 2017, les entreprises vont devoir négocier le droit à la déconnexion afin de réguler les usages collectifs des smartphones et tablettes. Une évolution indispensable pour éviter les débordements liés à une accessibilité des salariés à leurs outils de travail devenue permanente.

"Vous vous apprêtez à envoyer un message en dehors de vos heures habituelles de travail, est-ce vraiment urgent ?" "Ce message n'appelle aucune réponse de votre part si vous le recevez en dehors de vos heures de travail."

Ces alertes, qui ont commencé à se diffuser dans les entreprises, devraient sans doute se répandre à l'avenir. En effet, à compter du 1er janvier 2017, la négociation annuelle sur l'égalité professionnelle et la qualité de vie au travail devra désormais aborder la question du droit à la déconnexion. Les modalités d'exercice de ce droit devant être négociées dans l'entreprise.

"Il n'y a pas d'obligation de résultat, regrette Jean-Luc Molins, secrétaire général de l'Ugict-CGT. Même si la loi précise qu'à défaut d'accord, l'employeur devra concevoir une charte après avis des IRP, c'est très insuffisant par rapport aux enjeux et aux aspirations des salariés." Selon un sondage de l'Ugict-CGT (Viavoice, avril 2015) réalisé dans le cadre d'une vaste campagne pour le droit à la déconnexion, trois cadres sur quatre font un usage professionnel des outils numériques en dehors des heures de travail. Mais leur priorité première reste l'équilibre vie privée-vie professionnelle. Plus récemment, l'étude "Pratiques numériques 2016" d'Eléas, cabinet conseil en qualité de vie au travail et prévention des risques psychosociaux, annonçait que 37 % des actifs utilisent les outils numériques presque tous les jours hors du temps de travail.

Jurisprudence

Un sujet qui avait été abordé pour la première fois sous la contrainte de la jurisprudence. La Cour de cassation avait invalidé plusieurs accords collectifs de forfait-jours jugés insuffisamment protecteurs vis-à-vis de la santé des salariés, et exigé "que l'amplitude et la charge de travail restent raisonnables et assurent une bonne répartition, dans le temps, du travail de l'intéressé" (lire Entreprise & Carrières n° 1290).

vendredi 18 avril 2014

L'obligation de déconnexion : un exemple à suivre pour les entreprises

Obligation de déconnexion de 11 heures consécutives des outils de communication : le bon exemple à suivre de l'avenant à l'accord sur les 35 heures du Syntec pour les salariés des sociétés d'ingénierie et de conseil.
par Caroline Sauvajol-Rialland

Après 7 mois de négociation, le Syndicat des sociétés d'ingénierie et de conseil et des bureaux d'études (Syntec) annonçait la signature le 1er avril 2014 d'un accord avec les syndicats (CGC et CFDT), sous forme d'un avenant à un précédent accord conclu en 1999, sur les 35 heures.

Cet avenant rappelle l'attachement des parties aux droits de la santé et de la sécurité des salariés et impose une "obligation de déconnexion des outils de communication à distance" d'une durée de 11 heures consécutives pour les 250 000 personnes qui sont concernées par l'accord et un suivi médical à l'initiative des salariés afin de "prévenir les risques éventuels sur la santé physique et morale".


Il prévoit que chaque entreprise pourra répondre à cette obligation de déconnexion à sa manière, en fonction de ses contraintes particulières - le travail à l'international notamment. Ainsi, pourront-elles développer individuellement leur propre politique d'application, blocage des communications via les serveurs, par exemple, ou directement pour les salariés à certains horaires. Il ne s'agit donc pas d'un black-out total des communications entre 19 heures et 7 heures du matin...

Pourtant communiquer beaucoup et souvent ne signifie pas forcément communiquer mieux…