lundi 25 novembre 2019

Conférence "Infobésité : comment gérer la surchauffe digitale" pour les CEO le 19 novembre au Luxembourg

En présence du Premier ministre luxembourgeois, Xavier Bettel, et à l'invitation de l'IMS Luxembourg Caroline Sauvajol-Rialland a donné une conférence "Infobésité : comment gérer la surchauffe digitale" pour les CEO Luxembourgeois le 19 novembre à l'Arbed (Luxembourg)


Selon une étude IMS, plus d'un salarié sur deux dépassé par le flux de mails par Fanny Jacques

Ce mercredi, IMS présentait les résultats de son baromètre «Infobésité» sur la gestion des flux d’informations au Luxembourg. L’enquête menée durant l’été indique notamment que 62% des sondés estiment recevoir trop d’informations au travail.

IMS –Inspiring More Sustainability s’est attaqué à une problématique centrale au Luxembourg: l’infobésité. Comprenez par là un flux trop important d’informations qui transitent par mail. Financé par le Fonds social européen et le ministère d’État et supporté par le ministère du Travail, la Chambre des salariés et la Chambre de commerce, IMS s’est donc associé avec le Liser afin de mener une étude globale sur cette thématique. Étude présentée mercredi. 1.372 personnes ont répondu au questionnaire, toutes membres du réseau IMS.

En moyenne, les sondés estiment recevoir plus de 61 mails chaque jour, soit un toutes les 8 minutes (pour 8h de travail). Il faut toutefois nuancer ces chiffres, car l’enquête s’est tenue durant une période plus calme au niveau du travail, c’est-à-dire durant les vacances d’été. Le flux de mails y est donc relativement moindre que durant le reste de l’année.

Il n’empêche que 62% des répondants ont estimé recevoir trop d’informations quotidiennement. La plupart pensent d’ailleurs que cela engendre un risque de passer à côté d’une information importante. Selon l’enquête, 66% vérifient systématiquement leur boîte mail dès qu’ils voient qu’un nouveau message est arrivé. Alors qu’en paramétrant les notifications de mails pour un tri automatique, on pourrait diminuer le stress au travail de 26%.

L’infobésité tue la productivité
Cela semble anodin au premier abord, mais l’infobésité conduit à des risques élevés, que ce soit au niveau individuel ou collectif . Au niveau individuel, l’overdose de mails biaise le rapport au temps, qui semble accéléré: les interruptions sont nombreuses, on ne hiérarchise plus les urgences et on risque de tomber dans la surconnexion. Tout cela peut provoquer du stress, un déficit de l’attention, une créativité restreinte, des crises de décisions (impossibilité de faire un choix au bon moment), et même une tétanie de l’erreur (une forte peur de mal faire). Ce qui conduit à une insatisfaction et un désengagement du travailleur.

Au niveau de la collectivité, l’impact est encore plus important puisqu’il concerne un groupe, une entreprise. Lorsque l’infobésité est trop prégnante, l’entreprise ne parvient plus à différencier urgent et important. Les arrêts de travail sont en hausse, le turnover élevé et la marque employeur faible. Ce qui joue sur la productivité, l’agilité de l’équipe et l’innovation, qui s’en trouve ralentie.

22% se plaignent de la «work-life balance»
Au sein de l’enquête, IMS a également analysé en profondeur deux facteurs: la satisfaction au travail et la performance, et la conciliation vie privée et vie professionnelle. Il apparaît que 10% des sondés estiment être totalement insatisfaits de leur travail et de leur employeur. 58% estiment être performants, mais ne sont pas satisfaits de leur employeur. Seuls 32% sont pleinement heureux dans leur vie professionnelle.

Quant à l’éternelle «work-life balance», elle est également mise à mal par ce flux tendu d’informations. 22% des sondés se noient littéralement sous les mails pendant et en dehors des heures de travail. Ils écopent également de plaintes de leur entourage quant à leur mauvaise gestion professionnelle. 59% parviennent à séparer totalement leur vie privée de leur cadre professionnel et 18% séparent relativement bien les deux aspects, mais autorisent quelques incartades professionnelles dans la sphère privée sans que cela ne pose de souci.

FANNY JACQUES

lundi 26 août 2019

ANDRH ET DROIT A LA DECONNEXION : ERREUR 404

Le vice-président national délégué de l’ANDRH, « ne croit pas que les salariés français soient friands d’accords qui limitent leur droit à la connexion » (Entreprise et Carrières du 9 juin 2019). Pour lui « si un manager demande une réponse impérative pendant le week-end, il se met en tort. Un salarié n’est pas professionnellement obligé de répondre et ne peut être sanctionné sur cette seule base. Le droit à la déconnexion permet de créer les conditions d’un rappel à l’ordre pour les managers qui envoient des mails en dehors des heures de travail ». Pour rappel, 47% des salariés et 68% des managers travaillent le soir et le week-end. 35% des actifs français estiment ne pas pouvoir se déconnecter pendant leurs congés. 58% des salariés français font des heures supplémentaires non rémunérées pour une moyenne de 5 H par semaine, sans contrepartie financière ou en repos. Il est singulier que « l’acteur de référence dans le débat RH » - en occultant le droit fondamental des salariés à ne pas travailler quand ils ne travaillent pas… - ne prenne pas la mesure du problème posé par le travail en débordement (en dehors des heures de travail) et ne soutienne pas davantage les salariés dans le simple rappel à la loi qu’est le droit à la déconnexion. Un cadre ne refusera jamais de répondre à une demande de son manager en dehors des heures de travail, celui-ci n’a rien à « exiger », il sait qu’il l’obtiendra ! Le code de l’honneur des cadres (Philippe d’Iribarne, 1989) ordonne la réponse systématique à leurs managers et le digital a rendu possible cette disponibilité où qu’ils soient dans le monde, 24 H sur 24, 7 jours sur 7, 365 jours par an ! Alors qui va rappeler à l’ordre le manager qui envoie ses courriels en dehors des heures de travail ? L’ANDRH ne peut ignorer que la réglementation applicable depuis 2017 n’est pas contraignante. De rares entreprises surveillent les connexions de leurs managers et prévoient des formations pour les émetteurs massifs de courriels en dehors des heures de travail (Michelin par exemple). Et quelques accords prévoient la création d’un droit d’alerte des salariés (La Poste par exemple), lequel reste théorique dans son application tant signaler les pratiques de son manager aux RH et/ou à sa hiérarchie est un exercice périlleux ! L’ANDRH qui se revendique comme « stimulant la réflexion, l’échange de bonnes pratiques et l’innovation » n’a pas non plus pris la mesure des attentes exprimées par les plus jeunes générations au travail, lesquelles entendent séparer nettement leurs deux domaines de vie professionnel et personnel (ETUDE Elodie Gentina, 2018 DUNOD). La mise en œuvre du droit à la déconnexion est un excellent moyen de fidéliser ses collaborateurs et un véritable argument de marketing RH pour les plus jeunes d’entre eux. Il est plus que temps de dépasser le cadre légal et de faire du droit à la déconnexion un vecteur de prévention des RPS mais aussi d’efficacité et d’attractivité des organisations. Une régulation est indispensable. Celle-ci ne peut être que collective et organisationnelle au plus près des métiers, cultures et personnels des organisations. L’ANDRH doit d’urgence remettre à jour ses logiciels !

lundi 5 août 2019

« CYBERMINIMALISME » Editions du SEUIL (2019) - KARINE MAUVILLY


Pour Karine Mauvilly, un « droit à la non connexion » devrait venir compléter le « droit à la déconnexion » entré en vigueur en janvier 2017. Il s’agirait de garantir à tous le droit d’accéder aux services publics sans passer par un écran, en allant trouver un humain à un guichet. « C’est important pour toutes les personnes qui sont allergiques aux écrans, qui souffrent énormément de passer par Internet, pour les personnes âgées, pour les personnes qui n’ont pas les moyens d’être équipées à domicile. Il faut retrouver l’humain dans ce rapport à l’administration » précise t-elle. Intéressante réflexion qui remet en perspective nos libertés fondamentales : celle de ne pas avoir d’ordinateur et de conserver ses droits de citoyen.