mardi 4 septembre 2018

Les messages d'absence du bureau sont-ils encore utiles ?

15 août 2018 - Tout un monde
RTS

La reprise du travail s'accompagne souvent d'une corvée plus ou moins grande : celle de consulter vos mails non lus. Est-ce que nos messages d'absence du bureau sont toujours nécessaires quand on sait que l'on consulte nos smartphones environ 150 fois par jour ?




© RTS / Image : Production Perig - Fotolia

jeudi 26 juillet 2018

Devez-vous répondre aux emails pendant les vacances ? Ça fait débat sur RMC

23 juillet 2018 - Bourdin Direct
BFM/RMC

A priori, cette question ne fait pas débat. L'été, c'est normalement l'occasion de faire un break pour recharger les batteries. Et pourtant, la déconnexion n'est pas encore entrée dans les mœurs.

62 % des Français continuent à répondre à leurs appels ou bien à leurs emails professionnels pendant leurs congés et 42 % le font plusieurs fois par jour.

C’est ce que nous apprend l'étude d'une agence d'intérim. Ces vacanciers connectés sont souvent des cadres à l'image de Michael, 42 ans, qui continue à travailler même sur la plage pour ne pas être submergé à son retour au travail.

"Quand on n’est pas là, personne n’est là pour prendre le relais donc c’est difficile de totalement déconnecter. Si on laisse le travail s’accumuler, automatiquement, trois semaines après, on va se retrouver avec une masse de travail astronomique".

Et pourtant la déconnexion est un droit. Inscrit dans le code du travail, votre employeur n'est pas censé vous contacter pendant vos congés, il risquerait une amende de 1 500 euros.

Ce principe a même été réaffirmé par la loi El Khomri, qui préconisait une charte de bonne conduite au sein des entreprises. Deux ans plus tard, rien n'a changé, à entendre Caroline Sauvajol-Rialland, spécialiste de la communication en entreprise.



"C’est compliqué, c’est une nouvelle culture. Les cadres en particulier, considèrent que ça fait partie du package de cadres de répondre en dehors des heures de travail. C’est un cercle vicieux. C’est-à-dire que quand dans une équipe une personne est connectée 24/24h et répond au manager tout le temps, les autres, adoptent le même régime. On ne veut pas être en reste. Rien ne se passera tant que les dirigeants d’entreprises considéreront que le droit à la déconnexion est une foutaise. Tant qu’il n’y aura pas de prise de conscience, ça ne bougera pas beaucoup. Les jeunes ont de fortes attentes. Pour eux, il n’est pas question de répondre non-stop. Ça ne correspond pas à leur philosophie de vie".

Les experts le disent, couper avec le travail pendant les vacances est indispensable pour reprendre des forces. Et tant pis pour les centaines d'emails qui vous attendent de retour au boulot.

Si vous rentrez avec les batteries pleines, ce sera du gâteau. Alors que si vous n'avez rien rechargé, la moindre surcharge de travail vous paraîtra insurmontable. Comme le dit l'adage: "Prendre du recul, c'est prendre de l'avance".

© BFM/RMC

mardi 5 juin 2018

La déconnexion, si je veux !

31 mai 2018 - Challenges, n° 568
par Adrien Schwyter

La loi El-Khomri de 2016 a mis de l'ordre dans les pratiques numériques des entreprises. Mais, sur le terrain, les mesures négociées pour garantir ce droit trouvent vite leurs limites.

Fini les burn-out, avec le droit à la déconnexion ? Après des années de flottement, le gouvernement a souhaité remettre un peu d'ordre dans les pratiques numériques des entreprises. En vertu du dispositif présent dans la loi Travail (ou loi El Khomri), les entreprises de plus de 50 salariés ont dû, à compter du 1er janvier 2017, ouvrir des négociations sur le droit à la déconnexion afin de mettre en place des instruments de régulation d'utilisation des outils numériques. Objectif : assurer le respect des temps de repos et de congés ainsi que ceux de la vie professionnelle et familiale. A défaut, l'article L 2242-8 du Code du travail prévoit une charte.

Certains voient ce nouvel avatar comme une déclinaison du Droit à la paresse (paru en 1880) de Paul Lafargue, gendre de Karl Marx. D'autres assurent qu'il va permettre de réduire le "blurring", c'est-à-dire le flou entre vie privée et vie professionnelle. "Un certain nombre de cadres, même s'ils ne sont pas sollicités directement le soir ou le week-end, veulent être sûrs de ne pas être hors jeu, analyse Dominique Boullier, professeur de sociologie à l'EP-FL, l'école polytechnique de Lausanne. La réactivité est si valorisée dans les entreprises que l'on doit toujours rester connecté."

Pour l'instant, plus de 400 accords ont été signés dans les entreprises, sans compter celles qui n'avaient pas attendu la loi pour traiter le sujet. Pour Jean-Emmanuel Ray, juriste en droit social qui revendique la paternité du terme depuis un article depuis un article en 2002, "le droit à la déconnexion prête à sourire : c'est simplement le droit de ne pas travailler hors de son temps de travail". Concrètement, il instituerait "un droit de ne pas répondre hors des heures de travail". Ce nouveau droit aurait une "valeur d'exemplarité. Ainsi le manager devrait montrer l'exemple vis-à-vis de ses équipes qui ne doivent pas faire aux sous-traitants ce qu'ils n'ont pas envie qu'on leur fasse". Certaines entreprises vont même plus loin : "Lors des entretiens d'évaluation d'un manager, s'il y a des plaintes de travail hors du temps normal, cela pourra influer sur son salaire. Les fous de mails seront sanctionnés."

"En réalité, les mesures de droit à la déconnexion sont très différentes suivant les entreprises car elles sont éminemment culturelles", précise Caroline Sauvajol-Rialland, fondatrice de So Comment, un cabinet spécialisé en gestion de l'information en entreprise. De grands groupes comme Apple ou Volkswagen ferment par exemple carrément les serveurs la nuit et le week-end. "Mais les managers en France sont très défavorables à cette solution", note Caroline Sauvajol-Rialland. Ce qui n'empêche pas les initiatives. Chez Michelin, un suivi automatique des connexions au serveur en dehors des heures de travail est effectué. Au-delà de cinq connexions par mois entre 21 heures et 7 heures ou le week-end, le salarié et son manager doivent dialoguer pour en comprendre les raisons, et un compte rendu est remis au service du personnel. "C'est la meilleure méthode pour éviter les dérapages sans être castrateur", explique Jean-Christophe Laourde, délégué syndical CFE-CGC Michelin.

"Accord boboland"

Souvent les accords se contentent de mettre en avant la fonction d'envoi différé de mails. Aigle International conseille d'introduire à la fin des mails une mention type : "Si vous recevez ce message pendant votre période de repos, vous n'êtes pas tenu d'y répondre." Vincent Baud, fondateur du cabinet de conseil en ressources humaines Master, constate souvent les limites de ces formules vides de sens. "Il y a peu d'entreprises qui en ont profité pour débattre de comment on bosse ensemble. Cela touchera rapidement ses limites. Le droit à la déconnexion ne vise pas seulement à protéger l'employeur." A Orange, où un accord a été signé en septembre 2016 sur l'accompagnement de la transformation numérique garantissant "un droit intangible à la déconnexion", Sébastien Crozier est sceptique. Le médiatique représentant CFE-CGC du groupe, qui n'a pas signé ce texte, moque un "accord boboland qui ne concerne qu'une infime partie de la population". Pour lui, ce n'est que "poudre aux yeux, ce droit à la déconnexion est de toute façon une mythologie".

© Challenges

mercredi 16 mai 2018

Nettoyer sa boîte mail serait une pure perte de temps

France Info - C'est mon boulot - 11 mai 2018

par Philippe Duport

Si vous faites le pont cette semaine, ou si vous êtes au bureau, vous allez peut-être profiter de ce temps plus calme, sans coups de fil, pour faire un grand ménage dans votre boîte mail. Mais attention, ce pourrait être une pure perte de temps.

4 996 mails non lus sur mon téléphone. Mais je ne dois pas faire partie des plus mauvais élèves. N'empêche que voir ce chiffre tous les jours a quelque chose d'angoissant, et génère un rien de culpabilité. On essuie de temps en temps quelques moqueries, surtout de la part des adeptes d'une méthode née il y a une dizaine d'années et qui est toujours assez en vogue, dite de l'Inbox zéro. Cette dernière veut qu'on n'ait aucun mail en attente, et selon laquelle il faut vider intégralement sa boite mail, classer systématiquement tout dans des dossiers, répondre dans l'instant. Ou jeter. Mais en aucun cas laisser s'empiler les mails non lus. Pas évident quand, comme la moyenne des Français, on en reçoit 39 par jour. Un chiffre qui en fera sourire plus d'un. Un cadre passerait 30 % de son temps à gérer ses e-mails, selon Caroline Sauvajol-Rialland, spécialiste de l'infobésité, du trop plein d'informations.

De la procrastination structurée

Cette méthode de l'inbox zéro est aujourd'hui contestée. C'est un ponte américain qui vient jeter un pavé dans la mare débordante de nos e-mails. Dan Ariely est professeur de psychologie et d'économie comportementale à la prestigieuse université de Duke, aux États-Unis. Pour lui cette volonté farouche d'entretenir une boîte mail vierge, c'est de la procrastination structurée. C'est-à-dire l'art de se livrer à des micro-tâches, rapides à effectuer, qui nous donnent l'illusion de faire quelque chose, nous donnent une satisfaction immédiate... alors qu'elles nuisent à notre concentration et qu'elles nous permettent de repousser sans cesse le moment de nous mettre au travail. Et puis, demande Dan Ariely, "combien de personnes vont mourir heureuses en sachant qu'elles n'ont plus aucun email à envoyer ?"... Moralité : la méthode Inbox zéro serait à oublier au plus vite. Un grand nombre de courriers non lus serait juste la preuve que vous savez ne pas perdre de temps...

Alors que faire ? Dan Ariely propose une solution : envoyer une réponse automatique à tous les messages reçus, qui explique qu'on ne répondra pas à chaque e-mail. Et qui propose un formulaire : selon que la réponse peut attendre un mois, une semaine ou un jour. Le professeur américain estime à seulement 2 % le nombre d'emails qui ne peuvent vraiment pas attendre.

> Ecouter l'émission

mercredi 28 mars 2018

Droit à la déconnexion : peut mieux faire

re.sources - Edité par Groupe Randstad France - 26 mars 2018


La France a été le premier pays au monde à l'instaurer dans une loi au 1er janvier 2017. Le droit à la déconnexion a vu le jour il y a plus d'un an maintenant, mais son application en entreprise reste encore rare et complexe.



Entré en vigueur en début d'année dernière, le droit à la déconnexion n'a pas encore trouvé preneur au sein des entreprises. Selon un sondage publié à l'été par l'Ifop, 78 % des cadres, principaux concernés par le dispositif, consultent encore leurs communications professionnelles durant leur temps personnel. Pour 51 % des salariés, avoir un outil numérique à sa disposition est facteur de stress. Et du côté des entreprises, plus des trois quarts concernées par la loi n'ont toujours pas instauré de mesures concrètes pour assurer ce droit à leurs salariés.

Cette mesure, reprise dans l'article 55 de la loi El Khomri, a pour objectif d'adapter le droit du travail à l'ère du digital et de permettre aux salariés de mieux concilier vie professionnelle et vie privée. Elle prévoit l'obligation pour les entreprises de plus de 50 salariés de négocier avec les partenaires sociaux des "dispositifs de régulation de l'utilisation des outils numériques, en vue d'assurer le respect des temps de repos et de congé, ainsi que de la vie personnelle et familiale". Les salariés doivent avoir la possibilité de ne pas se connecter aux outils numériques et de ne pas être contactés par leur employeur en dehors de leur temps de travail (congés payés, jours de RTT, week-end, soirées…). Une manière de prévenir les risques de burn-out notamment.