mardi 23 novembre 2021

Les EU s'intéressent au droit à la déconnexion français !

« If you switch off, people think you're lazy » : demands grow for a right to disconnect from work

« The regulation has been a just right factor », says Caroline Sauvajol-Rialland, professor at Sciences Po Paris and creator of the ebook Infobesity. « France turned into the primary nation in Europe to ascertain the precise to disconnect laws. However the regulation is simply too gentle and plenty of corporations are ambivalent in opposition to it. »

A up to date survey of 34,00 zero employees by means of a coalition of French unions discovered 78 % labored for corporations that had now not correctly carried out the precise to disconnect, 24 % famous an building up of their workload right through the pandemic and 30 % had been affected by data overload. « There’s this nice problem of lundimanche that we will have to take on », Sauvajol-Rialland says, relating to a French portmanteau phrase for the blurring of Sunday into Monday.

https://theusbreakingnews.com/if-you-switch-off-people-think-youre-lazy-demands-grow-for-a-right-to-disconnect-from-work/


vendredi 19 novembre 2021

« lundimanche » et télétravail, individualisation du temps et co-dépendance

Le terme « lundidimanche », né pendant le premier confinement, décrit un « jour sans fin » qui se répète en boucle du lundi au dimanche. Notre nouvelle réalité confinée enchaine désormais des jours qui se ressemblent et les fins de semaine qui n’en sont plus tout à fait ne marquant plus ni pause ni changement de rythme. Emmanuel Macron a même employé le terme « jour sans fin » lors de son discours du 28 octobre.

Déjà engagé avant la crise sanitaire - avec l’explosion des technologies qui l’ont rendu possible - le mouvement de dérèglement du temps et de nos horloges internes s’accélère dangereusement à l’ère du télétravail. Certains se réjouissent de cette individualisation de notre rapport au temps. Où est donc le problème si je travaille une partie de la nuit pour mieux consacrer mes jours à mes passions ? Cette tentation constitue une grave erreur car nous sommes tous liés et co-dépendants ! Si je travaille une partie de la nuit, alors ces horaires vont s’imposer à ceux avec lesquels je travaille mais aussi à ceux qui me soutiennent dans mon travail. Pourquoi ne pas commander mes pâtes préférées et me les faire livrer à 3 heures du matin ? Pourquoi ne pas demander à mon collaborateur une petite info à 22 heures le soir ?

Si nous nions l’existence de nos biorythmes naturels, nous allons bientôt confondre le jour et la nuit entraînant des troubles du sommeil et ses conséquences préjudiciables largement documentées sur la santé mais aussi assister à une montée du stress et de l’agressivité préjudiciables à nos vies personnelle et professionnelle. Ceux qui travaillent déjà en horaires décalés connaissent le prix à payer de ce rythme pour leur santé et leur vie personnelle.

La crise sanitaire nous a démontré que nous sommes tous co-dépendants - à travers le monde d’abord puisqu’un micro-événement sur un marché à Wuhan (Chine) a impacté le monde entier - mais aussi plus que jamais avec nos plus proches, puisqu’au sein de chaque foyer réside désormais la responsabilité collective de protéger la santé des autres. Refusons ensemble la tentation de l’extrême individualisation du temps, tout comme nous devrions refuser celle de l’isolement.

mercredi 20 octobre 2021

De plus en plus de communication... De moins en moins de « commun »

Article publié par Les éclaireurs de la com - 27 octobre 2020

Dans une crise, on a besoin de rassembler, d'unir les forces, de partager un diagnostic autant que les solutions. Cette convergence n'exclut pas la différence ou le point de vue, mais il y a un « commun » qui a minima fédère les énergies. Or, le moins que l’on puisse dire est que nous ne sommes pas actuellement dans une approche commune en rapport avec la gravité des temps. Le constat est vrai qu'il s'agisse de la santé ou du climat. Il y a à cela maintes raisons politiques ou sociologiques, mais je voudrais souligner un paradoxe ayant trait à la communication qui joue un rôle si important dans le contexte.

La difficulté tient en partie au fait que le monde commun qui devrait être le nôtre n'existe pas vraiment dans les médias et dans la communication. Nous voyons peu à peu disparaître les espaces communs dans l'éclatement des discours, des argumentations et des représentations. S'il y a une arène communicationnelle, elle est à ce point fragmentée que les enjeux réels finissent par nous échapper. Les réseaux sociaux, les chaînes d'info en continu sont des exemples connus, mais le phénomène est plus profond.

Il tient à une conception de la communication comme chambre d’écho et non comme espace de rencontre, de dialogue et de confrontation visant à faire bouger les lignes. Chaque média, chaque institution, chaque entreprise est dans « sa » ligne d'eau, construisant « son » monde comme univers séparé. Et le rôle de la com' est à chaque fois d'amplifier les faits, les discours, les images de soi, très peu à vrai dire de chercher les points de jonction, les correspondances avec l'autre. La multiplication des canaux appelant la profusion des contenus, on se retrouve face à des problèmes d’infobésité qui ne sont pas que des problèmes de quantité (1) .

Ce qui doit nous rassembler se perd de vue

Ce qui est en jeu dans la société, mais aussi dans l'entreprise est la capacité à relier, à mettre en rapport, à construire un horizon qui ne soit pas que la somme des intérêts hors de toute approche du bien commun. Il y a à la base une conception unidirectionnelle de la communication qui s'abstrait du commun pour n'être que l'écho ou l'amplification d'un intérêt particulier. Les questions de santé ou de défi climatique viennent percuter aujourd'hui cette matrice communicationnelle qui a perdu de vue ce qui peut ou doit nous rassembler.

mardi 10 novembre 2020

Crise sanitaire et télétravail : la mort du droit à la déconnexion... et de l'intelligence collective

Une étude de la Harvard Business School et de la New York Université menée auprès de plus de 3 millions de personnes dans le monde montre que les télétravailleurs travaillent en moyenne 48 minutes de plus par jour, soit plus de 4 heures supplémentaires par semaine. Cette surcharge de travail est corrélée à la surcharge d'informations constatée par 66 % des télétravailleurs français pendant la crise sanitaire. 60 % des télétravailleurs estiment que le travail à distance crée davantage de réunions et 60 % se plaignent de travailler de façon hachée. Côté entreprises, 78 % n'ont pas mis en place le droit à la déconnexion, 82 % n'ont pas défini de plage horaire pendant lesquelles le salarié est joignable et 83 % n'ont pas mis en place de réduction du temps de travail pour les parents devant garder leurs enfants.

Le droit à la déconnexion est mort avec le COVID19...

Autre effet pervers du télétravail : les télétravailleurs se recentrent sur leurs compétences. Tout ce qu'ils pouvaient apprendre par le compagnonnage avec les autres n'existe plus. C'est la fin aussi du « hasard heureux », autant d'occasions de collaboration et de partage.

La grande menace du télétravail non structuré et organisé ? L'appauvrissement de l'intelligence collective.

Si la communication n'a jamais été aussi importante, la relation est de plus en plus rare.

Il est urgent de poser sur la table les questions de l'organisation du travail et du télétravail, comme celle de la qualité de vie au travail, à l'ère du digital... et désormais des pandémies.

lundi 5 octobre 2020

Oui au télétravail, non à la connexion permanente

Le Figaro - 5 octobre 2020 - Anne Bodescot

Télétravail : attention à bien respecter le droit à la déconnexion

Les entreprises peuvent payer les enfreintes à cette obligation. Avec le travail à la maison, déraper est plus facile.

Le droit à la déconnexion, vous vous en moquez ? Certes, le droit des salariés que s'arrête, en dehors des heures de bureau, le déluge de mails et de messages professionnels est souvent bafoué en France. Même s'il est inscrit dans la loi, celle-ci ne prévoit pas de sanctions pour ceux qui ne le respectent pas. Mais l'entreprise peut quand même payer cher son laxisme et les dérives de ses managers.

« Au début, les salariés veulent bien faire et ne disent rien. Mais au bout de quelques années, ils reprochent à l'entreprise ce mépris de leur vie personnelle », rappelle Marie Jacquot-Vivier, directrice des ressources humaines du cabinet de conseil Meritis.

Devant les tribunaux

Les avocats, eux aussi, tirent la sonnette d'alarme. « Quand le divorce est consommé entre le salarié et l'entreprise, ces mails, ces SMS envoyés à toute heure peuvent être produits devant le juge, pour démontrer le harcèlement moral, ou tout simplement, réclamer le paiement d'heures supplémentaires, y compris pour des cadres au forfait. Ou encore, pour un collaborateur tombé malade, prouver que le burn-out dont il a souffert était une maladie professionnelle », met en garde Muriel Pariente, avocate, responsable du département de droit social du cabinet Ashurst.

jeudi 1 octobre 2020

Arctus : Technologies, informations et humains, quelle articulation en entreprise ?

Technologies  ! Informations  ! Humains  ! Quelle articulation en entreprise ? Retour sur la table ronde du Luxembourg Sustainability Forum

Le volume d’informations disponibles double tous les 4 ans. C’est sur ce constat que s'est ouverte la table ronde « Technologies, informations, humains ! Quelle articulation en entreprise ? » de l'événement « Management de la connaissance : l'humain au cœur de l'info » organisée - à distance - par le Luxembourg Sustainability Forum le 15 septembre dernier. Au cœur des discussions suivies par Arctus : Est-il possible de dépasser le problème de l'infobésité ? Le bien-être numérique est-il atteignable en entreprise ? Comment adapter nos systèmes de management pour garantir à chacun la bonne information au bon moment ? Retour sur ces échanges.

Gestion de l’information : comment tendre vers une organisation idéale ?

La donnée est aujourd'hui la matière première des entreprises et ce sont leurs salariés qui la traitent et l'utilisent. D'après Olivier Charbonnier, Directeur Général de Dsides, il est indispensable que les organisations prennent conscience des impacts de notre société cognitive. Celle-ci se caractérise par une accélération et une amplification de l'information au point d'altérer notre attention et d'entraîner des difficultés de discernement. Pour autant, la gestion de l'information n'est ni la responsabilité de l'individu, ni du manager, ni uniquement de l'organisation mais bel et bien de la capacité de ces 3 acteurs à aligner leurs actions.

Pour Caroline Sauvajol-Rialland, experte infobésité et gestion de l'information (So Comment), une meilleure gestion de l'information passe par la définition de règles collectives, à tous les niveaux de l'organisation, vis-à-vis de l'ensemble des parties prenantes. La structuration de ces règles est très dépendante du métier, des publics ou encore de la culture de l'entreprise. Elle est donc propre à chaque organisation, voire à chaque équipe.

mercredi 30 septembre 2020

Stop l'infobésité

DIAB 225 Innovations  - D. M. Rédacteur

L'infobésité (terme francisé d'invention québécoise, issu de l'anglais Information Overload) est un concept désignant l'excès d'informations reçues par une personne qu'elle ne peut traiter ou supporter sans porter préjudice à elle-même ou à son activité. Elle est également évoquée par le sociologue Edgar Morin sous le terme « nuage informationnel ».

Aujourd'hui nous vivons dans un monde rempli d'informations. Nous constatons ce phénomène au travers des réseaux sociaux (Twitter, Facebook, Instagram et autres) et aussi avec Internet et ses multiples sites proposant des informations à la fois justes, fausses, comiques, satiriques et haineuses.

L'humain est au centre de ce phénomène à la fois émetteur et récepteur de cette vague d'informations. Un bon nombre de personnes en voyant ces propos diront qu'être entouré d'informations est une bonne chose surtout si les informations se propagent aussi vite, mais nous voyons avec ce phénomène l'arrivée des Fakes News dont le concept fut nommé par l'actuel Président américain Donald Trump lors de sa campagne de 2017. Ce terme traduit la création de rumeurs pour semer la confusion chez l'internaute à des fins financières, politiques ou autres. Cela s'est vu avec la machine de Donald Trump, la Breitbart News, qui a communiqué des fausses informations en faveur du candidat républicain.

Madame Lætitia Dalbin, Renault, affirme dans un livre blanc conçu par le Centre National des Arts et des Métiers (CNAM) et les Directeurs Commerciaux de France (DCF) en avril 2016 que « l'objectif n'est donc plus d'informer le lecteur mais de l'attirer ». Les Fakes News constituent l'un des effets néfastes de l'infobésité. Victor Montvilof, de la division de l'information et de l'informatique de l'UNESCO parle également de l'info-pollution. Selon lui, ce trop-plein d'information, que l'on retrouve sur le net, alourdit et abrutit l'esprit des usagers. Ces derniers ne reconnaissent plus ou pas « la vraie information », c'est-à-dire, une information utile et fiable.