mercredi 7 novembre 2018

Télévision de Catalynia - Interview du 24 octobre

Télévision de Catalynia
Mercredi 24 octobre
Bilan espagnol du droit à la déconnexion 18 mois après sa mise en vigueur
Interview Vidéo
Reportage de Josep Capella à Paris et interview de Caroline S

Radio Catalunya - Interview du 5 novembre 2018


Est-il nécessaire de légiférer sur la déconnexion numérique du travail?

Lundi 5 novembre 2018

L'Espagne s'intéresse aux premiers résultats et effets de l'introduction en France du droit à la déconnexion le 1er janvier 2017.
"audio interview"
Reportage de Josep C et interview de Caroline S

mardi 4 septembre 2018

Les messages d'absence du bureau sont-ils encore utiles ?

15 août 2018 - Tout un monde
RTS

La reprise du travail s'accompagne souvent d'une corvée plus ou moins grande : celle de consulter vos mails non lus. Est-ce que nos messages d'absence du bureau sont toujours nécessaires quand on sait que l'on consulte nos smartphones environ 150 fois par jour ?




© RTS / Image : Production Perig - Fotolia

jeudi 26 juillet 2018

Devez-vous répondre aux emails pendant les vacances ? Ça fait débat sur RMC

23 juillet 2018 - Bourdin Direct
BFM/RMC

A priori, cette question ne fait pas débat. L'été, c'est normalement l'occasion de faire un break pour recharger les batteries. Et pourtant, la déconnexion n'est pas encore entrée dans les mœurs.

62 % des Français continuent à répondre à leurs appels ou bien à leurs emails professionnels pendant leurs congés et 42 % le font plusieurs fois par jour.

C’est ce que nous apprend l'étude d'une agence d'intérim. Ces vacanciers connectés sont souvent des cadres à l'image de Michael, 42 ans, qui continue à travailler même sur la plage pour ne pas être submergé à son retour au travail.

"Quand on n’est pas là, personne n’est là pour prendre le relais donc c’est difficile de totalement déconnecter. Si on laisse le travail s’accumuler, automatiquement, trois semaines après, on va se retrouver avec une masse de travail astronomique".

Et pourtant la déconnexion est un droit. Inscrit dans le code du travail, votre employeur n'est pas censé vous contacter pendant vos congés, il risquerait une amende de 1 500 euros.

Ce principe a même été réaffirmé par la loi El Khomri, qui préconisait une charte de bonne conduite au sein des entreprises. Deux ans plus tard, rien n'a changé, à entendre Caroline Sauvajol-Rialland, spécialiste de la communication en entreprise.



"C’est compliqué, c’est une nouvelle culture. Les cadres en particulier, considèrent que ça fait partie du package de cadres de répondre en dehors des heures de travail. C’est un cercle vicieux. C’est-à-dire que quand dans une équipe une personne est connectée 24/24h et répond au manager tout le temps, les autres, adoptent le même régime. On ne veut pas être en reste. Rien ne se passera tant que les dirigeants d’entreprises considéreront que le droit à la déconnexion est une foutaise. Tant qu’il n’y aura pas de prise de conscience, ça ne bougera pas beaucoup. Les jeunes ont de fortes attentes. Pour eux, il n’est pas question de répondre non-stop. Ça ne correspond pas à leur philosophie de vie".

Les experts le disent, couper avec le travail pendant les vacances est indispensable pour reprendre des forces. Et tant pis pour les centaines d'emails qui vous attendent de retour au boulot.

Si vous rentrez avec les batteries pleines, ce sera du gâteau. Alors que si vous n'avez rien rechargé, la moindre surcharge de travail vous paraîtra insurmontable. Comme le dit l'adage: "Prendre du recul, c'est prendre de l'avance".

© BFM/RMC

mardi 5 juin 2018

La déconnexion, si je veux !

31 mai 2018 - Challenges, n° 568
par Adrien Schwyter

La loi El-Khomri de 2016 a mis de l'ordre dans les pratiques numériques des entreprises. Mais, sur le terrain, les mesures négociées pour garantir ce droit trouvent vite leurs limites.

Fini les burn-out, avec le droit à la déconnexion ? Après des années de flottement, le gouvernement a souhaité remettre un peu d'ordre dans les pratiques numériques des entreprises. En vertu du dispositif présent dans la loi Travail (ou loi El Khomri), les entreprises de plus de 50 salariés ont dû, à compter du 1er janvier 2017, ouvrir des négociations sur le droit à la déconnexion afin de mettre en place des instruments de régulation d'utilisation des outils numériques. Objectif : assurer le respect des temps de repos et de congés ainsi que ceux de la vie professionnelle et familiale. A défaut, l'article L 2242-8 du Code du travail prévoit une charte.

Certains voient ce nouvel avatar comme une déclinaison du Droit à la paresse (paru en 1880) de Paul Lafargue, gendre de Karl Marx. D'autres assurent qu'il va permettre de réduire le "blurring", c'est-à-dire le flou entre vie privée et vie professionnelle. "Un certain nombre de cadres, même s'ils ne sont pas sollicités directement le soir ou le week-end, veulent être sûrs de ne pas être hors jeu, analyse Dominique Boullier, professeur de sociologie à l'EP-FL, l'école polytechnique de Lausanne. La réactivité est si valorisée dans les entreprises que l'on doit toujours rester connecté."

Pour l'instant, plus de 400 accords ont été signés dans les entreprises, sans compter celles qui n'avaient pas attendu la loi pour traiter le sujet. Pour Jean-Emmanuel Ray, juriste en droit social qui revendique la paternité du terme depuis un article depuis un article en 2002, "le droit à la déconnexion prête à sourire : c'est simplement le droit de ne pas travailler hors de son temps de travail". Concrètement, il instituerait "un droit de ne pas répondre hors des heures de travail". Ce nouveau droit aurait une "valeur d'exemplarité. Ainsi le manager devrait montrer l'exemple vis-à-vis de ses équipes qui ne doivent pas faire aux sous-traitants ce qu'ils n'ont pas envie qu'on leur fasse". Certaines entreprises vont même plus loin : "Lors des entretiens d'évaluation d'un manager, s'il y a des plaintes de travail hors du temps normal, cela pourra influer sur son salaire. Les fous de mails seront sanctionnés."

"En réalité, les mesures de droit à la déconnexion sont très différentes suivant les entreprises car elles sont éminemment culturelles", précise Caroline Sauvajol-Rialland, fondatrice de So Comment, un cabinet spécialisé en gestion de l'information en entreprise. De grands groupes comme Apple ou Volkswagen ferment par exemple carrément les serveurs la nuit et le week-end. "Mais les managers en France sont très défavorables à cette solution", note Caroline Sauvajol-Rialland. Ce qui n'empêche pas les initiatives. Chez Michelin, un suivi automatique des connexions au serveur en dehors des heures de travail est effectué. Au-delà de cinq connexions par mois entre 21 heures et 7 heures ou le week-end, le salarié et son manager doivent dialoguer pour en comprendre les raisons, et un compte rendu est remis au service du personnel. "C'est la meilleure méthode pour éviter les dérapages sans être castrateur", explique Jean-Christophe Laourde, délégué syndical CFE-CGC Michelin.

"Accord boboland"

Souvent les accords se contentent de mettre en avant la fonction d'envoi différé de mails. Aigle International conseille d'introduire à la fin des mails une mention type : "Si vous recevez ce message pendant votre période de repos, vous n'êtes pas tenu d'y répondre." Vincent Baud, fondateur du cabinet de conseil en ressources humaines Master, constate souvent les limites de ces formules vides de sens. "Il y a peu d'entreprises qui en ont profité pour débattre de comment on bosse ensemble. Cela touchera rapidement ses limites. Le droit à la déconnexion ne vise pas seulement à protéger l'employeur." A Orange, où un accord a été signé en septembre 2016 sur l'accompagnement de la transformation numérique garantissant "un droit intangible à la déconnexion", Sébastien Crozier est sceptique. Le médiatique représentant CFE-CGC du groupe, qui n'a pas signé ce texte, moque un "accord boboland qui ne concerne qu'une infime partie de la population". Pour lui, ce n'est que "poudre aux yeux, ce droit à la déconnexion est de toute façon une mythologie".

© Challenges