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mardi 2 février 2016

Le mail autrement : appliquez les règles de lisibilité (5/5)

Comment rédiger un e-mail ? Chacun de vos mails doit être facilement exploitable par vos interlocuteurs. De plus, si vos mails sont lus par vos destinataires, ils le sont aussi souvent par des personnes qui, au départ, n'étaient pas destinataires. D'où l'importance que revêt la qualité de votre expression écrite ! Un mail est et reste une correspondance. Pour être lu, respectez les règles de lisibilité de fond et de forme.

La lisibilité - ou propriété qu'un texte doit posséder pour être aisément compris - est le gage d'une communication écrite efficace et réussie. Un texte lisible est un texte lu sans effort (le rédacteur fait l'effort pour les deux), avec plaisir (un texte ennuyeux est vite abandonné), vite compris et mieux retenu.

Les règles de fond de la lisibilité

Communiquez à l'écrit sur des faits ! Un fait représente la réalité. Il est indéniable, irréfutable, observable par tous. Distinguez les faits de ce qui relève de l'analyse et de ce qui trait au commentaire. Vous renforcez votre crédibilité en communiquant sur les faits. Vous la diminuerez en communiquant sur vos émotions et sentiments. Restez neutre.

- Formulez votre message : Qui, Quoi, Quand, Où et, éventuellement, Pourquoi et Comment. Construisez ensuite votre message en « pyramide inversée » : l'information essentielle est à donner en tête de message et non à la fin.

Par exemple, n'écrivez pas « Je viens d'obtenir les informations requises. Il se trouve que ce fournisseur a déjà eu plusieurs contentieux avec ses clients, notamment avec X et Y au cours des trois dernières années. La décision a été prise de le supprimer de notre liste de fournisseurs référencés pour les marchés à venir. Je vous demande d'en tenir compte dès aujourd'hui » mais plus simplement « La décision a été prise de supprimer tel fournisseur de notre référencement. Cette décision est applicable immédiatement. En effet... + motifs ». Le plus important au début !

- Pensez à formuler avec précision et concision votre objet. Cela est déterminant pour être lu (Le mail autrement : prioriser par l'objet).

- Ecrivez en français, c'est-à-dire refusez le style télégraphique, évitez les abréviations de type SMS et utilisez la ponctuation.

- Soyez concis - 1 mail = 1 sujet - et privilégiez les phrases courtes, de 15 à 20 mots.

- Faites des paragraphes - 1 mail = 3 paragraphes maximum - et limitez votre mail à la hauteur d'une page écran. Au-delà, rédigez un document, un compte-rendu ou une note de synthèse, à adresser en pièce jointe pour l'externe ou à afficher sur une plateforme collaborative pour l'interne.

- Utilisez le temps présent, le temps de l'action.

- Utilisez des tournures de phrases affirmatives et actives (et non des tournures négatives et passives).

- Préférez un vocabulaire simple et non technique et des verbes d'action (et non d'état).

- N'abusez pas des adjectifs et des adverbes.

- Ne pas tenter de faire preuve d'humour au risque d'être mal compris par écrit. Si c'est indispensable, utilisez les Smileys qui éclaireront vos interlocuteurs sur votre état d'esprit et vous permettront d'être mieux compris.

- Respectez les formules de politesse mais en version plus synthétique.

Par exemple, remplacer « Je vous prie d'agréer Madame / Monsieur mes sincères salutations » par « Sincères salutations ».

- « La prose n'est jamais terminée » disait Flaubert. Relisez-vous !

Trois conseils pour vos messages électroniques IMPORTANTS :

1. Vous les laissez « mûrir » au moins une heure avant de les envoyer, même si c'est urgent.
2. Vous les faites relire par une tierce personne. 
3. Au moment de leur rédaction, vous vous placez systématiquement dans la logique suivante : Tous mes messages peuvent être lus par d'autres personnes que mes destinataires.

Les règles de forme de la lisibilité.

- Pas de majuscule : la capitale correspond en langage web à un cri (hausse de ton). Et par ailleurs, les majuscules sont plus difficiles à lire.

- Respecter les accents.

- Ne pas justifier ses textes : les textes en drapeau sont plus lisibles.

- Augmenter l'interlignage (1,5 minimum) et espacez les paragraphes.

- Augmenter le contraste entre le texte et son arrière-plan si nécessaire.

- Privilégiez les polices de caractère conçues pour les écrans, comme les polices Verdana, Geneva, New York ou Georgia, par exemple, et n'utilisez qu'une seule police.

- Mettez en valeur une information en utilisant du gras ou de la couleur (et non en soulignant votre texte).

- Utilisez une signature automatique, à condition qu'elle soit courte et sans fioriture excessive, limitée aux nom et prénom, au titre et à l'entreprise, au mail, au téléphone... et, éventuellement, un logo léger et une adresse de site d'entreprise.

- Et surtout bien évidemment, tout le monde applique les mêmes règles en interne !

mardi 26 janvier 2016

Le mail autrement : respectez les règles d'usage (4/5)

Avant de rédiger un e-mail, interrogez-vous sur la pertinence du média à utiliser. Le mail étant un outil très facile d'utilisation, il est souvent préféré à d'autres outils de communication. Ainsi, la vérification de la disponibilité de son interlocuteur est inutile en cas d'envoi de message contrairement au téléphone ou à la réunion... Pourtant, le mail n'est pas toujours le meilleur moyen pour communiquer. Tout dépend de votre objectif de communication - contexte - qui reste donc à déterminer AVANT de commencer à rédiger.

Trois contextes - objectifs - principaux de communication peuvent être identifiés :

1 - La conversation

- Réponse immédiate attendue, par exemple dans une prise de décision (urgence) : téléphone ou messagerie instantanée
- Demande ponctuelle immédiate, recueillir par exemple une expertise sur un point précis : messagerie instantanée
- Sujet ou problème peu structuré réclamant une succession d'échanges interactifs liés les uns aux autres : face-à-face ou visioconférence
- Sujet complexe et sensible nécessitant une communication riche : face-à-face

Le courrier électronique n'est donc pas l'outil de communication à privilégier lorsque un besoin / un objectif de communication suppose un échange avec rétroaction réciproque. En pratique, le mail remplace parfois la messagerie instantanée dans les deux premiers cas.

Quelques mauvaises pratiques identifiées :

Les mails « ping-pong » : des échanges multiples par aller/retour aggravés par la multiplication des correspondants et des relances.
Le risque est la « non conclusion » car, contrairement à une réunion, dans un échange de mail il n'existe pas de fin... Il faut se limiter à deux échanges maximum par mail sur un sujet ou sinon provoquer une réunion.

- Les mails « parapluie » : transférer la responsabilité d'un problème sur une autre personne.
Ce type de communication - impersonnelle - n'est pas compatible avec le travail en mode équipe et projet car il ne permet aucun échange interactif réel. Mieux vaut ne pas tenir compte de ces mails et, s'ils sont fréquents de la part d'un collaborateur, régler le problème directement avec lui.

- Les mails « flammes » : exprimer une réaction vive à chaud.
Ce type de réaction est compréhensible à condition de demeurer informel. Exprimé en revanche sur un support permanent et susceptible de large diffusion, il ne l'est plus. S'il faut écrire un mail « flamme », alors enregistrez-le en mode brouillon  revenez dessus quelques heures plus tard. Il sera temps, à froid, de décider de l'envoi ou non du message.

2 - Le message

Pour des sujets ou des problèmes structurés pouvant être formalisés dans un court message avec des points identifiés et impliquant une réponse différée : mail.

3 - La diffusion

- Communication unidirectionnelle : pas de réponse nécessairement attendue : mail
- Sujet ou problème structuré pouvant être formalisé en moins d'une page) : mail / en plus d'une page : site collaboratif
- Interlocuteurs pas forcément identifiés et potentiellement en nombre important : mail
- Mise à disposition du message au-delà du groupe de diffusion et dans la durée : site collaboratif

Un bon exemple de mauvaise pratique courante est l'échange répété des versions d'un document. L'échange et la convergence sur un document sont réalisés de façon beaucoup plus rapide en partageant ce document sur un site collaboratif plutôt qu'en additionnant de multiples version dans un échange de mails.

Les principaux et limitatifs usages du mail sont les suivants :

1. Demander à quelqu'un de faire quelque chose : prescrire l'action
2. Informer quelqu'un de quelque chose 
3. Diffuser/partager des documents avec des destinataires externes

Le recours à la messagerie électronique doit être limité ! D'une manière générale, privilégiez toujours les médias de communication qui permettent la plus grande interaction avec votre interlocuteur : le face-à-face - ou la réunion si plusieurs interlocuteurs sont concernés -, le téléphone et ensuite seulement la messagerie électronique.

Il est important d'intégrer la dimension émotionnelle du mail et son effet amplificateur. L'outil exacerbe les émotions, entraîne des comportements abusifs. Nous observons par exemple qu'un émetteur se permet davantage d'agressivité par écrit que face à son interlocuteur. Et l'écrit reste... Si la tension monte, il est conseillé de cesser la communication par mail puis de la remplacer par un face-à-face. Le mail dépersonnalise les échanges. Et son utilisation excessive génère une baisse de satisfaction au travail, une dégradation des relations et une démotivation.

En outre, le mail ne doit pas non plus être utilisé s'il y a un risque d'interprétations différentes ou multiples du message ou encore un risque de malentendu. Or, la communication écrite accentue particulièrement ces risques. Limitez votre communication par mail pour prévenir les conflits !

Le délai de réponse moyen à un mail est de 3 jours (sauf urgence). Asynchrone, le mail n'est donc pas le média de communication à mobiliser en cas d'urgence. Une mauvaise pratique communément répandue consiste à relancer téléphoniquement ses interlocuteurs s'ils n'ont pas répondu assez vite… Attendez leur réponse ! Soyez enfin vigilant sur les heures et jours d'envoi de vos mails. N'adressez pas de mails à vos collaborateurs le soir ou le week-end. La jurisprudence sanctionne ces pratiques et vos collaborateurs risquent de caler leurs pratiques sur les vôtres et vous inonder à leur tour. Enregistrez vos mails en mode brouillon et envoyez-les le lendemain. En cas d'urgence, utilisez le téléphone...

mardi 19 janvier 2016

Le mail autrement : prioriser par l'objet (3/5)

L'objet est naturellement lu juste avant ou juste après l'émetteur du message (souvent de façon concomitante). Idéalement, il doit constituer le deuxième critère de priorisation tandis que la source - l'émetteur - du message demeure le critère principal (Le mail autrement : prioriser par les émetteurs et destinataires).

Si l'objet est bien rédigé, il vous permettra immédiatement d'évaluer son importance. Par exemples, « Annulation contrat X » ou « Compte-rendu de la réunion du 15/10/15 »...

Il est donc un élément fondamental de hiérarchisation de l'information en réception mais renforcera aussi vos chances d'être lu en émission.

Un objet égale un sujet. Un mail égale un seul et unique sujet ! Deux sujets réclament donc la rédaction de deux messages. Au-delà de quatre sujets, le mail n'est plus alors l'outil de communication adapté... la réunion l'est !

Votre objet doit être court, précis et sans supposition. Par exemple, écrivez « Dossier Z : annulation du rendez-vous avec Mr X le 26 juin » plutôt que « Rendez-vous client annulé ».

La taille du sujet varie selon les webmails et logiciels de messagerie. Un sujet trop long ne s'affichera que partiellement sur l'écran de votre destinataire. Aussi soyez précis et concis !

Précisez votre objectif  - le but que vous poursuivez en écrivant - à votre destinataire dans l'objet selon les 4 niveaux d'importance ci-dessous. Votre interlocuteur saura ce que vous attendez de lui et pourra prioriser plus rapidement votre demande et donc vous répondre plus rapidement si nécessaire.

PVI : Pour Votre Information (ne réclame aucune action)

LR : Lecture Requise

AR : Action Requise

RR : Réponse Requise

Au fil du temps et si vos interlocuteurs - au moins en interne - utilisent le même référentiel, les AR et RR deviendront une source de priorisation très efficace.

En cas de message urgent, le préciser dans le titre. A défaut, indiquer la date d'échéance s'il y en a une.

Enfin, en cas de mail personnel, préciser « Personnel et confidentiel » dans le titre du mail. Seuls ces mails sont protégés par le secret de la correspondance, tous les autres peuvent être lus et utilisés - notamment à titre de preuve - par l'entreprise.

mardi 12 janvier 2016

Le mail autrement : prioriser par les émetteurs et destinataires (2/5)

En réception

Afin de prioriser ses mails, créez des règles de classement automatique de vos messages en identifiant vos émetteurs les plus importants. Le premier critère de priorisation est la source ! Qui vous écrit ? A partir du moment où n'importe qui ou presque peut avoir accès à votre adresse mail (le format est en effet le même pour tous les salariés de la même organisation…), c'est la question fondamentale. Votre N + 1 et votre N - 1 par exemple peuvent bénéficier d'une priorité de lecture. De même que vos deux ou trois clients les plus importants, en externe ou en interne. Leurs messages peuvent apparaître en couleur par exemple, ce qui vous permettra de les repérer immédiatement et de les traiter en priorité selon la règle des 4D.

Les mails reçus en copie doivent faire l'objet d'une règle similaire et aller se classer automatiquement dans un dossier spécifique. En effet, ils n'impliquent aucune réponse ou action de votre part. Vous pourrez les consulter à des moments choisis, sans interrompre vos activités à chaque notification.

Les notifications des réseaux sociaux et/ou de veille économique ou concurrentielle récurrente (newsletter, forums…) doivent être traités de la même façon (classement automatique dans un dossier spécifique et consultation choisie).

Un dernier filtrage utile consiste à créer une règle de classement automatique dans la poubelle des mails récurrents émanant d'interlocuteurs que vous ne lisez pas depuis plus de 6 mois. Dans ce cas vous ne les lirez jamais ! Cette règle peut être complétée par une autre règle de vidage automatique de votre corbeille. A chaque fois que vous fermerez votre messagerie électronique, les messages seront automatiquement supprimés. A vérifier enfin : le bon fonctionnement de l'anti-spam…

Ces règles interviennent comme des filtres automatiques. Elles permettent d'optimiser l'organisation de votre messagerie et surtout d'identifier le plus important pour prioriser leur traitement. Ces règles sont à réviser  régulièrement en fonction de l'évolution de vos missions et projets en cours.

En émission

Afin de faire gagner du temps à vos destinataires, choisissez-les avec discernement. La mise en copie systématique des messages - la plupart du temps inutile - devient insupportable dans un contexte d'explosion informationnelle.

Pour effectuer cette sélection, identifiez précisément votre objectif de communication.

S'il est possible d'informer en même temps 10 personnes efficacement, en revanche vous devez vous adresser spécifiquement à la personne dont vous attendez une action ou une réponse précise.

Dans la mesure du possible, votre destinataire est - et doit être - votre unique interlocuteur.

Chaque personne placée en copie l'est à titre d'information. Ce qui signifie que n'est attendu d'eux ni réponse, ni action !

Le champ « Cci » (Copie conforme invisible) ou Bcc (Blind carbon copy) permet de placer un (ou des)  destinataire(s) en copie sans avertir les autres. A réserver à un cas unique : la confidentialité des adresses.

Enfin, la fonctionnalité « Répondre à tous » doit être limitée au maximum. Certaines entreprises l'ont même supprimé totalement. Un exemple de mauvaise pratique courante : réponse à tous pour une convocation à une réunion...

mardi 5 janvier 2016

Le mail autrement : comment prioriser ? (1/5)

Avec 100 milliards de mails professionnels envoyés chaque jour dans le monde, la messagerie électronique représente 78 % des échanges avec les clients et 76 % des échanges entre collaborateurs d'une même entreprise (Alinto, 2014).

L'une des compétences essentielles du manager numérique consiste à savoir identifier et séparer parmi la masse informationnelle l'important du non important et l'urgent du non urgent.

Une solution permet de hiérarchiser et de prioriser parmi la multiplication des échanges sollicités : paramétrer sa boîte mail en appliquant la règle des « 4 D » (Four DS for Decision Making).

Selon cette règle de classement, pour chaque courrier électonique reçu, vous déterminerez son importance pour vous (laquelle résulte d'un choix) et son urgence pour vous (et non pour votre interlocuteur…).

Le critère essentiel étant son importance, selon une échelle des priorités à la fois générale (il est plus important de terminer un dossier à rendre le jour même que de préparer une réunion programmée une semaine plus tard…) mais aussi qui vous est propre (en fonction de vos projets et de leur dead-line).

Ainsi à chaque mail consulté doit répondre - immédiatement - l'une des 4 actions suivantes :

Delete it : Supprimer

Do it : Faire : important et urgent (1), important et non urgent si traitement immédiat possible c'est-à-dire moins de 2 mn (2)

Defer it : Différer : important et non urgent si le traitement immédiat n'est pas possible (3)

Delegate it : Déléguer : non important et urgent (4), non important et non urgent (5)

Faire (Do it) implique d'agir sitôt la communication lue. Cette intervention doit être immédiate. Si ce n'est pas le cas, il faut différer (Defer it), c'est-à-dire transformer le mail en tâche par exemple ou bien demander à quelqu'un de prendre le relais, déléguer (Delegate it).

Supprimer un mail (Delete it) reste un moyen efficace pour vider sa boîte de réception. Chaque mail réclame une intervention... ou n'en réclame pas. S'il n'en réclame pas, il est totalement inutile de le garder.

Un dossier est donc créé pour chacun des 4 D :
  • Boîte de réception principale : 0 courriel en fin de classement / journée.
  • Boîte 1 : Important et urgent et important et non-urgent si traitement immédiat possible (moins de 2 minutes de traitement)
  • Boîte 2 : Important et non-urgent
  • Boîte 3 : Urgent et non-important
  • Boîte 4 : Non-urgent et non-important (pour tous les autres mails)
Une fois ce classement fait, vous commencerez par traiter la boîte 1), puis la boîte 2, etc. toujours dans cet ordre. Parfois il vous sera impossible de traiter les dossiers de la boîte 3 ou 4. Ce n'est pas grave. Vous avez traité ce qui est important !

Vos priorités (Important / Non important) doivent être réinterrogées régulièrement mais pas constamment.

lundi 26 mai 2014

"Une surcharge et un risque pour les salariés et l'entreprise"

Ouest France
Mardi 20 mai 2014

Dans le cadre d'un dossier intitulé "Comment réduire les mails au bureau ?", retrouvez un entretien récemment accordé par Caroline Sauvajol-Rialland au journal Ouest France.
propos recueillis par Morgan Kervella

Qu'est-ce que l'infobésité dénoncée par votre livre ?

C'est le fait d'être confronté à une trop grande quantité d'informations par rapport à ce que l'on est capable de traiter. Dans le monde du travail, cette surcharge concerne deux cadres sur trois. Elle fait courir des risques aux entreprises (baisse de productivité, baisse de l'innovation...) comme aux salariés (stress, burn-out...).

Faut-il se passer de l'e(mail ?

Des études anglo-saxonnes annoncent sa disparition dans les dix ans, au profit d'outils de messagerie instantanée plébiscités par les jeunes, mais l'e-mail reste l'outil de communication dominant aujourd'hui.

Toutes les initiatives sont bonnes pour en réduire le volume, mais je ne crois pas aux journées sans e-mails. Certaines entreprises ont développé des réseaux sociaux internes, mais le succès n'a pas toujours été au rendez-vous.

Quelles solutions pour diminuer ce flot d'information ?

On peut paramétrer sa messagerie en listant cinq destinataires prioritaires et en ne consultant les autres messages qu'une ou deux fois par jour. Mais les vraies solutions sont collectives. Chaque entreprise doit définir des règles pour mieux organiser la circulation de l'information.

Doit-on réapprendre le bon usage des e-mails ?

Oui, dans la mesure où on assiste à un détournement de l'usage des messages électroniques, par manque de formation. Un e-mail sert à prescrire un ordre ou à transmettre une information, voire un document. Mais ce n'est ni un outil de négociation ni un outil d'urgence. Il faut pour cela privilégier le face-à-face ou le téléphone. Et ne jamais répondre à un mail dont on est destinataire en copie.

jeudi 14 novembre 2013

Interview de Caroline Sauvajol-Rialland : "l'infobésité, risques et astuces pour ne pas se laisser déborder"

Découvrez l'interview de Caroline Sauvajol-Rialland récemment accordée au blog Conseils Infodoc, qui a pour objectif de nous apprendre "grâce aux techniques documentaires" à maîtrisez l'information et à améliorez notre efficacité.

Nadège Delalieu : Caroline Sauvajol-Rialland bonjour et merci d'avoir accepté cette interview.

Caroline Sauvajol-Rialland : Bonjour.

Nadège Delalieu : Pouvez-vous présenter en quelques mots ?

Caroline Sauvajol-Rialland : Je suis maître de conférence à l'Université catholique de Louvain et à Sciences Po Paris. J'ai fondé en 2010 So Comment, un cabinet conseil en gestion de l'information. Je suis spécialisée dans le domaine de la surcharge informationnelle en entreprise, autrement appelée infobésité. Donc, j'accompagne les entreprises dans leurs démarches de diagnostic de l'état informationnel de l'organisation et d'accompagnement pour améliorer leurs pratiques infocommunicationnelles. La gestion de l'information est devenue stratégique pour les organisations.

Nadège Delalieu : Pouvez-vous nous rappeler ce qu'est l'infobésité ?

Caroline Sauvajol-Rialland : il s'agit d'une analogie entre l'information et l'obésité (maladie reconnue par l'OMS). La première apparition du vocable date de 1970, et a été imaginé par Alvin Toffler. Puis, le terme a été repris et popularisé en 1996 par David Shenk. Cela signifie que la surcharge informationnelle dont nous sommes victimes pourrait avoir sur nous des effets aussi nocifs que la maladie de l'obésité. Bien sûr, l'obésité est une maladie objective avec un seuil défini par l'indice de la masse corporelle (IMC). C'est moins simple à qualifier au niveau de l'information puisque l'infobésité est subjective. Certaines personnes se sentent en surcharge à partir de quarante mails par jour quand d'autres peuvent supporter jusqu'à cent mails par jour. Les effets de l'infobésité portent sur les processus cognitifs, intellectuels, avec des risques psycho-sociaux pour les individus et d'autres risques tout aussi importants pour les entreprises.

vendredi 27 septembre 2013

Maîtriser le flux d'informations

Le Parisien
16 septembre 2013

Une petite chronique à lire dans Le Parisien...

"La déferlante numérique ne va pas ralentir dans les prochaines années. Un cadre reçoit aujourd'hui 10 fois plus d'informations qu'il y a quinze ans. Comme l'explique la directrice de So Comment, Caroline Sauvajol-Rialland, dans son ouvrage, l'infobésité est le bombardement d'informations qui étouffe nos processus intellectuels. Un phénomène anxiogène au travail. Au-delà d'un diagnostic, l'auteur dresse les solutions pratiques à mettre en place dans les entreprises pour mieux maîtriser le flux d'informations. Par exemple, les bonnes questions à se poser avant d'envoyer des mails et privilégier les moments de consultation le plus opportuns."

vendredi 21 juin 2013

Docteur Clock, mon infobésité chronique est-elle incurable ?

par Herrick du Halgouët
19 juin 2013

Mis en ligne sur le blog ONG-Entreprises : Le choc des valeurs par le journaliste économique Herrick du Halgouët, cet article s'interroge sur l'infobésité, sa réalité, ses risques et les solutions qui finalement existent pour nous et rappelle notamment le constat fait par Caroline Sauvajol-Rialland dans son dernier ouvrage.

"J'avais assisté en 2010 à une conférence sur L'Art de Négocier organisée par Actif RH. L'invité était un spécialiste de la gestion de crise, Laurent Combalbert, qui fut l'un des 6 négociateurs du RAID pendant plusieurs années. Je me souviens qu'il nous avait expliqué comment il avait complètement réorganisé les flux de communication dans son équipe, en divisant au passage par 10 le nombre d'emails qu'il recevait, pour n'avoir à lire finalement que les plus importants.


Son savoir semble mal partagé.

En effet, une étude de ClickSoftware, spécialisée dans les logiciels mobiles, estime que 20 % des mobinautes consultent leurs téléphones toutes les 10 minutes et 25 % au moins toutes les 30 minutes.

Le phénomène semble contagieux. [...]

samedi 15 juin 2013

"Infobésité, le mal du siècle"

Découvrez en vidéo l'intégralité de l'interview de Caroline Sauvajol-Rialland donnée en direct sur le plateau du Grand Soir 3 le 13 septembre 2013...


 

vendredi 14 juin 2013

France Télévision - Grand Soir 3

"Dans la dernière partie de l'émission du Grand Soir 3, nous vous dirons comment traiter votre addiction aux courriers électroniques. Travailler déconnecté est devenu un vrai luxe. Dans son livre, Caroline Sauvajol-Rialland nous explique comment maîtriser la déferlante d'informations qui nous submerge au quotidien."

Voir ou revoir l'interview accordée par Caroline à Louis Laforge dans le cadre de l'émission proposée sur France 3 Grand Soir 3. L'interview commence exactement après 47,25 mn de direct...


> Accéder à l'intégralité de l'émission

mercredi 6 mars 2013

Au secours, les e-mails nous envahissent !

La Libre Belgique - 27 octobre 2012

Infobésité. Le mot n'est pas neuf. « Il date même des années 70 et a été utilisé pour la première fois par Alvin Toffler, écrivain et futurologue américain. Ce visionnaire y mentionnait cette pathologie de la surcharge d'informations qu'est l'infobésité », raconte Caroline Sauvajol-Rialland, maître de conférences à Sciences Po à Paris et à l'Université catholique de Louvain où elle fait un doctorat sur cette thématique. Cette pathologie touche de nombreux salariés, qui ne parviennent pas à absorber le nombre de plus en plus important d'e-mails qui arrivent chaque jour dans leur boîte. Auxquels s'ajoutent toutes les autres sources d’information.

 

mardi 5 mars 2013

L'abus de mails génère du stress

Le Soir - 5 septembre 2012

Travail : l'infobésité gagne les entreprises et interpelle les experts


« Entre le courrier indésirable, les mails inutiles ou abusifs, les newsletters, les messages internes à rallonge, je sature complètement ! », soupire Eric, 32 ans, de Bruxelles.

Comme des milliers de travailleurs, cet employé dans une boîte de télécoms est plus que jamais en surcharge informationnelle, comme l'appellent les chercheurs. Un phénomène d'infobésité qui touche de plus en plus d'entreprises et n'est pas sans effets sur le bien-être au travail (stress, perte de temps, surcharge d'activité…).

L'infobésité, le nouveau fléau des entreprises

Ouest France.fr - 31 août 2012

Vous ne parvenez plus à absorber les messages qui inondent votre boîte mail ? A hiérarchiser et traiter le flux d'informations? Vous souffrez sans doute d'infobésité, comme de plus en plus de salariés. Traduction de l'anglais « information overload », l'infobésité se définit comme « la pathologie de la surcharge informationnelle », explique à l'AFP Caroline Sauvajol-Rialland, maître de conférence à l'Université Catholique de Louvain et à Sciences Po Paris.

Principal responsable, le courrier électronique devenu l'outil de travail et de communication dominant en entreprise. « C'est une vraie souffrance. Cela met les personnes en situation d'angoisse constante, d'inquiétude, de frustration parce qu'elles n'arrivent pas à suivre ce flot continu, qui, du coup, entraîne un sentiment d'impuissance et un fort stress », assure la chercheuse.

samedi 22 décembre 2012

"Netiquette" : Les secrets du bon usage du courriel

La Gazette des Communes - 3 octobre 2011

Malgré la démocratisation de cette pratique, rédiger et réagir à un courriel n'est pas une évidence, au point que des règles de conduite ont été établies dans une charte dite de la « netiquette ». Celle-ci suggère, entre autres, clarté et concision. Et pour cause : « Le courrier électronique c'est de l'efficacité », résume Caroline Sauvajol-Rialland, spécialiste de la communication et fondatrice du cabinet So Comment. « Un email c'est utile pour informer, régler des relations de coordination, mobiliser ses équipes en direct ». Mais « attention, prévient-elle, ce n'est, en aucun cas, un outil de négociation car il n'est pas confidentiel. Un email ne sert pas à négocier, ni annoncer une décision ». Et l'auteur de « Mieux s'informer pour mieux communiquer », de préconiser une extrême précaution avec cet outil qui, souligne-t-elle, laisse une trace écrite.